Carolyn Occelli : "Diriger un théâtre, c'est comme être maman : 80% d'emmerdes et 20% de plaisir".
Qu’est-ce qui t’anime le plus aujourd’hui dans ton métier ?
Ce qui m'anime dans mon métier, c'est de créer la rencontre entre des propositions artistiques dans le spectacle vivant et des publics. Le Théâtre de Suresnes - Jean Vilar me permet d'articuler mon projet en trois axes d'importance égale : la programmation, l'accompagnement de la création artistique, et l'action culturelle pour aller chercher des publics, y compris ceux qui ne fréquentent pas le théâtre. C’est cette mission de service public de la culture qui me passionne, dans l’esprit de Jean Vilar qui a inventé énormément pour le spectacle vivant tel qu’il est important pour moi aujourd’hui. C’est une chance de diriger un théâtre qui porte son nom, c’est un bon reminder.
Quel était ton tout premier rapport à la culture ?
J'ai grandi dans un petit village des Alpes-de-Haute-Provence avec une maman qui m'a fait baigner dans la culture. Un souvenir très fort est celui d'une présentation de saison à la Passerelle (scène nationale de Gap) qui commençait par une pièce chorégraphique d’Angelin Preljocaj. C'était ma première confrontation à la danse contemporaine, alors que je ne connaissais que la danse classique. Ce choc a ouvert un champ artistique que je ne soupçonnais pas. Ma mère a eu le courage de nous emmener au théâtre malgré les 60 km de route de montagne qui nous séparaient de Gap. Nous écoutions aussi de la musique et allions au cinéma, ce qui m’a donné une ouverture culturelle précieuse dès mon plus jeune âge.
Peux-tu raconter ton parcours professionnel et scolaire ?
J'ai d'abord voulu être danseuse classique mais j'ai échoué au concours d'entrée de l'école du Ballet de Marseille. Après cet échec, j'ai eu l'intuition qu'il devait y avoir des métiers entre les artistes et le public. J'ai fait une prépa HEC puis l'école de commerce NEOMA (Sup de Co à l’époque) Reims, où j'ai pu construire un profil hybride. J'ai fait des stages dans la culture, notamment dans l'édition DVD d'animation japonaise chez Kaze, puis chez Haut et Court en distribution de films. J'y ai travaillé 5 ans avant de rejoindre À Nous Paris comme responsable des partenariats culturels pendant 8 ans. J'ai ensuite été recrutée comme secrétaire générale au Théâtre de Suresnes - Jean Vilar en 2019, avant de succéder à Olivier Meyer à la direction en juillet 2022.
À Reims, j’ai choisi cette école car elle me permettait de construire mon parcours après un tronc commun d’une année puis une liberté de choix dans le cursus, et la Ville offrait une vie culturelle riche avec le Grand Théâtre, la Comédie de Reims dirigée par Emmanuel Demarcy Mota, et le Manège dirigé par Stéphanie Aubin. J’ai été ouvreuse au Grand Théâtre et j’ai rejoint l’association du Bureau des Arts de l’école.
Personne ne savait me dire comment aller professionnellement dans la culture, alors j’ai utilisé les stages pour “colorer” mon diplôme.
Mon stage chez Haut et Court s’est transformé en mon premier emploi, et j’y ai appris comment une maison de production et distribution indépendante pouvait concilier exigence artistique et réalité économique.
Y a-t-il eu un moment particulièrement difficile dans ta prise de poste ?
Diriger un théâtre, c'est comme être maman : 80% d'emmerdes et 20% de plaisir, mais ces 20% sont tellement forts qu'on accepte le reste. Les ressources humaines et le management sont particulièrement difficiles. On est souvent seul, même si on met en place des outils d'intelligence collective. J'ai dû notamment m'adapter au changement rapide du rapport au travail après le COVID, et maintenir le sens de mon projet malgré les pressions externes et internes.
La solitude du poste de direction est réelle - même avec des outils de partage de décision, c’est sur le directeur ou la directrice qu’on tape s’il faut désigner un responsable.
J’ai aussi dû faire face à des doutes de légitimité, étant devenue directrice jeune avec un parcours atypique dans le spectacle vivant. La gestion des aléas quotidiens est complexe, je pense par exemple aux arrêts maladie de longue durée. Le droit social français n’est pas toujours facile à appréhender, faisant reposer beaucoup de responsabilités sur l’employeur tout en laissant le salarié dans une certaine précarité. Succéder à quelqu’un qui a dirigé le théâtre pendant 32 ans représente également un défi, car le contexte a énormément changé, notamment dans le rapport au travail et la relation entre politique et culture.
Carolyn présente la prochaine saison du théâtre aux spectateurs et spectatrices lors de la journée Surprise !, le 24 mai dernier.
Comment partages-tu ta vision à l’ensemble de tes équipes ?
J'ai une politique de porte ouverte et je suis en dialogue avec tous les membres de l'équipe. Je fais des réunions d'équipe quatre fois par an où chacun peut présenter ce qu'il souhaite aux autres. J'ai mis en place un CODIR hebdomadaire avec l'administratrice, le directeur technique et le secrétaire général. Nous avons aussi développé un fonctionnement en groupes de travail thématiques, comme pour repenser notre rendez-vous de fin de saison ou avancer sur les questions de transition écologique.
Cette approche permet de créer des ponts entre les services et de favoriser la coopération. Je m’assure que chacun sait qu’il peut s’adresser à moi si nécessaire, même si le chef de service reste la première ressource. Pour l’équipe d’accueil, qui comprend beaucoup d’étudiants, nous organisons une réunion de rentrée où les nouveaux rencontrent les anciens. J’ai également inscrit le théâtre dans différents réseaux professionnels comme le Groupe des 20 d’Île-de-France, le réseauPLAY pour la danse jeune public en Ile-de-France, et bientôt le réseau Escales Danse. Ces réseaux permettent le partage d’expériences et maintiennent la connexion avec ce qui nous anime : la création artistique et les publics.
Comment gères-tu la partie difficile de ton travail qui consiste à dire non à des projets artistiques ?
J'apprends à dire un non qui soit audible et pas blessant, mais suffisamment clair pour ne pas créer de faux espoirs. J'essaie d'expliquer aux artistes que nous avons des contraintes communes : une programmation est complexe à équilibrer, avec un nombre limité de représentations. Je suis attentive aux propositions qui font un effort dans l'adresse, plutôt qu'aux envois génériques. Parfois, j'utilise l'accompagnement de la création artistique pour découvrir le travail d'un artiste que je ne connais pas encore, en lui proposant une résidence.
Il s’agit de respecter le travail et l’investissement des artistes, qui ont souvent une part affective dans leurs projets. Au début, j’ai pu dire des “non” trop gentils qui créaient de faux espoirs, ce qui est ingérable par la suite.
Maintenant, avec l’expérience de quatre programmations, j’ai une vision plus globale et plus aguerrie.
Je comprends mieux tous les paramètres à prendre en compte : l’équilibre de la programmation (pluridisciplinaire mais où la danse est la colonne vertébrale à Suresnes), le rythme des représentations, l’adéquation avec les publics et les contraintes techniques de nos salles. Le temps est une ressource rare, et le spectacle vivant a un rythme effréné qui laisse peu de place à la réflexion.
Comment gères-tu l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle en tant que directrice et mère ?
Il faut savoir renoncer à certaines choses, tant sur le plan professionnel que personnel. On ne peut pas être dans son théâtre tout le temps ni voir tous les spectacles qu'on voudrait. J'ai choisi d'être au minimum trois soirs par semaine chez moi.
Ce qui nous a beaucoup aidés, mon fils de 6 ans et moi, c'est qu'il vienne au théâtre.
J'ai développé une programmation "dimanche en famille" et cela m’a permis de partager cela avec lui.
La question de l’équilibre est particulièrement complexe pour une femme et une mère à la tête d’un théâtre, même si cela se pose de la même façon pour des pères très investis.
Malgré les efforts pour en parler plus librement, il y a toujours quelqu’un pour ramener de la culpabilité : un spectateur qui remarque votre absence à une représentation, ou un bureau de diffusion qui insiste pour que vous veniez voir un spectacle.
Avec d’autres directrices et directeurs, nous échangeons sur ces questions. Certains de mes collègues du Groupe des 20 font le choix de garder leurs weekends pour eux et leurs familles, tandis que j’ai opté pour une autre approche. L’important est de trouver des compromis qui fonctionnent pour soi et sa famille.
Comment définirais-tu ton style de leadership ?
Je le cherche encore. Pour l'instant, il est très proche de ma personnalité : fondé sur l'enthousiasme et la joie. Je pense que travailler dans la culture et le spectacle vivant devrait être un endroit pour être heureux. Je cherche l'équilibre entre verticalité et horizontalité, entre être un chef qui prend des décisions et être en support.
Je ne veux pas devenir une femme manager qui se comporte comme un homme, mais je manque de modèles de leadership féminin.
J’essaie de trouver un équilibre qui me permette d’insuffler une vision tout en étant présente en soutien pour mon équipe. Une coach m’a fait remarquer que le management horizontal peut rendre certaines personnes malheureuses, ce qui m’a fait réfléchir. Je cherche à être solide et à me débarrasser du syndrome de l’imposteur, qui resurgit parfois, notamment face à certains interlocuteurs extérieurs. Je constate que dans mon équipe, certaines personnes sont très engagées et mettent de l’affect à un endroit assez juste, ce qui les rend heureuses dans leur travail. D’autres auraient peut-être besoin de changer de travail mais ont peur de faire cette démarche. La difficulté est de trouver des principes d’équité qui fonctionnent avec des profils différents, sans abimer certaines personnes.
Carolyn et les élèves d'une classe 3ème du collège Albert-Camus de Bois-Colombes et leur professeur d'EPS Guillaume Miffre, à l'issue de la restitution du travail chorégraphique mené avec eux par Sarah Adjou et présenté lors de la journée Surprise ! du 24 mai dernier.
Comment perçois-tu le fait de diriger un théâtre en Île-de-France ?
Le Théâtre de Suresnes - Jean Vilar est d'abord le théâtre de sa ville, mais aussi un équipement culturel structurant pour le département des Hauts-de-Seine. Il est implanté dans un quartier qui est une cité ouvrière, aujourd'hui une cité HLM, excentrée par rapport au centre-ville. C'est déjà un défi d'amener des Suresnois d'autres quartiers au théâtre. Le festival Suresnes Cité Danse a vocation à toucher toute l'Île-de-France. Pour faciliter la venue des spectateurs parisiens, nous avons maintenu une navette gratuite depuis la Place de l'Étoile, même si cela pose des questions écologiques et financières.
Notre théâtre a un ancrage local fort mais un rayonnement qui s’étend au-delà. Nous sommes soutenus par la ville de Suresnes, le département des Hauts-de-Seine, la DRAC (avec le label Scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse) et la Région Île-de-France pour le festival. La Cité-jardins où nous sommes implantés est perçue comme un quartier populaire, et certains Suresnois ne viennent jamais malgré la beauté du lieu. Notre emplacement pose aussi des défis en matière de transports : nous ne sommes pas directement reliés aux transports en commun ferroviaires (métro, rer, transilien ou tram), ce qui fait que beaucoup de spectateurs viennent en voiture. Cela soulève des questions de transition écologique. Nous avons exploré des solutions comme des navettes électriques, mais elles coûtent quatre fois plus cher. Nous restons à l’écoute des expériences d’autres théâtres, comme les systèmes de covoiturage, même si pour l’instant aucune solution n’a montré de résultats significatifs.
Comment as-tu appris à adapter ton discours avec différents interlocuteurs, notamment politiques ?
J'ai eu la chance qu'Olivier Meyer m'introduise et de pouvoir l'observer. Le maire de Suresnes, Guillaume Boudy, a été secrétaire général du ministère de la Culture et est très attentif à la culture sans être interventionniste. Avec les autres tutelles (département, région, DRAC), j'interagis surtout avec les agents, qui sont généralement des partenaires intelligents.
J'ai dû faire mes preuves la première année, étant testée sur mon âge, mon parcours non linéaire et le fait d'être l'héritière d'Olivier Meyer.
Le poste de secrétaire générale m’a permis d’observer et de comprendre les interactions avec les différents interlocuteurs. Avec le maire, le dialogue est assez naturel grâce à sa compréhension des enjeux culturels. Pour les autres tutelles, j’ai la chance d’avoir affaire à des personnes intelligentes avec qui un vrai dialogue est possible. Avec les conseillères danse de la DRAC, j’ai dû prouver ma légitimité, mais une fois cette première année passée, la relation s’est établie sur des bases solides.
Je ne suis pas arrivée en révolutionnaire - je succède à Olivier Meyer plutôt que je ne le remplace, et je construis à partir de ce qu’il a bâti tout en insufflant des éléments qui me sont propres.
Cette approche peut parfois être difficile à expliquer aux politiques, qui attendent souvent qu’on leur dise que tout va changer, même si en réalité peu de choses changent.
Je préfère être honnête et développer un projet qui s’appuie sur ce qui existe déjà, en innovant progressivement là où je vois que cela peut fonctionner.
Quel regard portes-tu sur l’évolution du secteur culturel depuis que tu y travailles ?
Ce qui s'améliore, c'est l'inclusion et la lutte contre les problèmes systémiques de souffrance, de management abusif et de discrimination. La mise en place de formations contre les violences et le harcèlement sexiste et sexuel marque un progrès important.
Nous sommes la génération qui a vu les choses changer, ce qui est un progrès génial même si ce n’est que le début. Cette position intermédiaire peut être complexe : nous avons été élevés dans un système qui tolérait certains comportements, et nous pouvons parfois nous retrouver entre le marteau et l’enclume, entre les anciennes pratiques et les nouvelles exigences. Les jeunes femmes d’aujourd’hui ont des attentes différentes et refusent des situations que nous avons pu accepter. Cette évolution touche tous les aspects du secteur : les artistes, la production, et les métiers moins visibles de la culture.
Quelle femme du secteur t’inspire ?
Laetitia Guédon, directrice des Plateaux Sauvages, et Elsa Sarfati, qui dirige l'Espace 1789 à Saint-Ouen. Elsa a fait des choix en programmation et en accompagnement artistique qui ont été très importants dans ma découverte et mon ouverture. Je suis heureuse aujourd'hui d'être une de ses pairs et d'échanger avec elle sur des découvertes ou des parcours de chorégraphes.
Laetitia Guédon est également metteuse en scène et a créé un programme d’accompagnement sur une saison pour une dizaine de personnes qui se destinent à diriger des théâtres ou des lieux de spectacle vivant. J’admire aussi Emmanuelle Jouan qui dirige le Théâtre Louis Aragon à Tremblay, une femme d’une génération plus âgée pour qui la carrière a probablement été bien plus difficile que pour nous. Ces femmes représentent différentes approches et générations dans le secteur, et leurs parcours sont source d’inspiration.
Y a-t-il un outil, un rituel ou une habitude qui te soutient au quotidien ?
La machine à café que j'ai implantée dans mon bureau. C'est une cafetière à l'ancienne, pas à capsules. C'est vraiment mon rituel. Et de l’aquabiking, une fois par semaine.
Comment continues-tu à te former ?
D'abord par la transmission interne. Par exemple, pour la billetterie, Mélanie m'a transmis ce dont j'avais besoin.
Plus on prend de responsabilités, plus il faut accepter qu'on ne va pas tout savoir faire.
Je complète avec des formations externes : à partir de la rentrée, je vais être accompagnée par une coach. Pour l'intelligence artificielle, nous avons organisé une journée de formation pour toute l'équipe. Pour la transition écologique, je me suis appuyée sur ARVIVA et prévois d'engager une éco-consultante à la rentrée, si nos finances nous le permettent.
J’ai également suivi la formation de sécurité des lieux de spectacles. J’ai proposé que le secrétaire général et l’administratrice la suivent aussi, car nous pouvons tous être amenés à être responsables de représentation. Suite à cette formation, nous avons réalisé que notre document unique d’évaluation des risques professionnels n’était pas à jour, ce qui est pourtant une obligation pour un établissement recevant du public (ERP). Nous avons fait appel à une agence spécialisée, Moë-Kan, pour nous accompagner dans cette démarche sur une année.
Pour la transition écologique, je prévois d’organiser une fresque du climat pour toute l’équipe fin septembre, puis de constituer un groupe de travail avec des représentants de chaque service pour questionner l’ensemble de notre activité. L’objectif est d’établir un plan d’action d’ici décembre qui pourra se déployer par la suite.
Peux-tu nous parler d’une œuvre récente qui t’a marquée ?
Deux spectacles vus à Avignon : "Fils de bâtard" d'Emmanuel de Candido, qui m'a émue aux larmes. C'est un spectacle où il part à la recherche de son père mais finit par faire un magnifique portrait de sa mère, rendant hommage à cette femme du peuple qu'on voit peu au théâtre. Et "L'art d'avoir toujours raison", qui m'a fait rire aux larmes, une analyse sémantique des discours politiques qui donne les clés pour réussir en politique, très drôle et intelligent.
“Fils de bâtard” est créé par un artiste belge dont j’avais déjà programmé le précédent spectacle. Sa compagnie s’appelle MAPS. Le spectacle a une forme d’humilité et de simplicité, tout y fait sens. Emmanuel est seul en scène, accompagné d’une musicienne et d’un technicien au plateau, présences discrètes mais importantes. Il part à la recherche de son père avec les éléments dont il dispose, puis après un moment très onirique, il bascule vers un portrait de sa mère, qui a été le vrai parent de sa vie, une femme simple et remarquable qui a été infirmière.
“L’art d’avoir toujours raison” est présenté comme une conférence-formation. Les artistes y analysent les discours politiques sur plusieurs années et montrent notamment des affiches de campagnes municipales hallucinantes. Ce spectacle m’a plu car il reconnecte les gens à la politique d’une manière non partisane, en faisant réfléchir plutôt qu’en étant militant.
Qu’est-ce qui t’enthousiasme le plus dans ton métier en ce moment ?
Rendre possible : un spectacle, une émotion. Ce qui me touche le plus, c'est quand j'apporte le soutien nécessaire pour qu'une pièce se crée, ou quand je vois un primo-spectateur sortir avec un sourire.
Ces deux moments sont également émouvants pour moi car ils représentent l’essence de mon métier : permettre la rencontre entre une création artistique et un public.
Même si le travail de direction comporte beaucoup de défis et de difficultés, ces instants où je vois le résultat concret de notre mission donnent tout son sens à ce que nous faisons.
C’est très artisanal, à petite échelle, mais c’est ce qui est important - nous sommes des artisans du tout petit qui peut devenir grand.
As-tu un rêve professionnel que tu n’as pas encore accompli ?
Diriger un lieu où il y a du spectacle vivant et des arts plastiques.