Gaëlle Rio : " Diriger un musée, ce n’est pas une posture, c’est un engagement".

Si tu devais résumer ce qui t’anime dans ton métier, qu’est-ce que tu dirais ?

Ce qui m’anime, profondément, c’est de mener des projets collectifs. Ce qui me plaît, c’est de construire en équipe, dans une dynamique de travail partagée, et de porter ces projets jusqu’au public. Faire vivre un musée, c’est pour moi l’aboutissement d’un processus collectif orienté vers l’extérieur, vers les visiteurs.

Est-ce que travailler dans le secteur culturel a toujours été une évidence pour toi ?

Pas du tout. Longtemps, j’ai voulu être enseignante. Enfant, adolescente, je me projetais dans ce métier, avec sincérité. Mais il y avait en arrière-plan quelque chose d’autre, un goût que je n’osais pas encore nommer. Entre quinze et vingt ans, j’ai participé à des chantiers de restauration du patrimoine et de fouilles archéologiques, en tant que bénévole. Ça a été une révélation. J’y ai rencontré des conservateurs du patrimoine. J’ai découvert leur métier, leur passion. Et j’ai su, confusément, qu’il se passait quelque chose.

Mais ma trajectoire restait tracée : j’ai suivi le chemin de l’enseignement, j’ai été professeure d’histoire-géographie pendant un an. Et je me suis rendu compte que cela ne me convenait pas pleinement. J’avais besoin de quelque chose de plus, de différent. Ce n’était pas un rejet de l’enseignement, mais une nécessité intérieure.

Ce goût du patrimoine que je portais en moi, il fallait que je l’écoute.

Alors non, ce n’était pas une évidence au départ. C’est un chemin que j’ai construit pas à pas, brique après brique, et que j’ai pleinement choisi. Aujourd’hui, je sais que je suis à ma place — mais c’est une place que j’ai dû conquérir.

Et diriger un musée, c’était une vocation dès le début ?

Non, là encore, ce n’était pas si évident. Quand j’ai préparé le concours de conservateur, c’était déjà un aboutissement en soi. Une longue préparation, à la fois mentale et physique. À ce moment-là, je ne me projetais pas comme directrice. Pas parce que je m’en sentais incapable, mais parce que c’était encore trop lointain, trop abstrait.

C’est devenu une évidence plus tard, une fois en poste comme conservatrice. Le désir de direction est venu progressivement, comme une étape naturelle. Et il s’est nourri de figures inspirantes : je pense par exemple à Christophe Leribault, qui dirigeait le Petit Palais quand j’y travaillais. Brillant, drôle, profondément au service du public. Une figure intellectuelle exigeante et accessible. Pour moi, c’était un modèle. Il m’a donné envie de diriger une institution.

Quelle expérience t’a le plus préparée à diriger un musée comme celui de la Vie romantique ?

Ma première expérience structurante, ça a été mon poste de cheffe du service des publics au musée Carnavalet. J’étais jeune conservatrice, c’était la première fois que ce service était dirigé par quelqu’un de mon profil. Et ce n’est pas si courant : il y a encore parfois une forme d’étanchéité entre les collections et les publics dans les musées, même si les choses évoluent et c’est tant mieux.

Le service comptait une trentaine de personnes, dont des guides-conférenciers, des plasticiens, des agents à temps partiel avec des statuts très variés. Ce n’était pas simple à structurer. Et en même temps, c’est ce poste qui m’a permis d’apprendre le métier de cheffe de service — le management, la conduite de réunions, les entretiens, les arbitrages. Des choses très concrètes qu’on n’apprend pas vraiment dans la formation initiale.

Tu t’es formée sur ces sujets, assez éloignés de ta formation académique ?

Oui. J’ai suivi plusieurs formations en gestion d’équipe, en conduite de conflits. C’est quelque chose qui m’a toujours intéressée. J’ai aussi eu envie de développer des compétences transversales, qui ne sont pas au cœur du métier de conservateur, mais qui me semblent essentielles quand on travaille dans une institution publique. On ne peut pas ignorer les codes, les enjeux d’organisation, même si notre cœur de métier reste scientifique.

Est-ce qu’il y a eu un moment-clé, un tournant dans ta trajectoire ?

Le premier vrai cap, pour moi, ça a été la décision de préparer le concours de conservateur. Ce n’était pas un choix évident. J’avais déjà fait des études, je travaillais à temps plein, j’avais passé l’âge où l’on entre “naturellement” à l’École du Louvre. Et pourtant, j’ai tout repris, les cours, les stages, la préparation. Je l’ai passé plusieurs fois avant de réussir. C’était un engagement total.

Donc oui, ce choix a été fondateur. Il m’a demandé de me positionner, de me projeter, de prendre des risques. Et c’est ce qui m’a construite.

Et ton plus grand défi professionnel à ce jour ?

Il y en a eu plusieurs. La direction du service des publics au musée Carnavalet, c’était un défi. J’aurais pu être affectée à un poste plus administratif, à la direction des affaires culturelles. Mais j’ai choisi de rester dans un musée. On m’a alors confié un poste “non classique”, sans périmètre fixe, ce qui m’a obligée à construire, à inventer, à faire exister un projet. Ça aussi, c’est un défi : créer une place pour un projet collectif, faire exister une équipe, donner une direction sans cadre tout prêt.

Et dans le doute, comment tu avances ?

Je doute beaucoup. Tout le temps. Je me demande toujours si ma programmation est pertinente, si j’ai fait les bons choix. Mais je crois dans la maturation. Je me laisse du temps. Je pèse le pour et le contre. Et souvent, je reviens à ma première intuition, mais enrichie.

Ce doute, je l’assume. Il ne me paralyse pas, au contraire. Il m’aide à rester à l’écoute, à demander des avis, à construire avec les autres. Ce n’est pas un doute stérile. C’est une méthode.

Encore un peu de patience, pour vous aussi monter ces escaliers qui mène à la charmante maison de Ari Scheffer.

Qu’est-ce qui rend ce musée unique à tes yeux ?

C’est un lieu singulier à plus d’un titre. C’est une maison-atelier d’artiste, certes, mais c’est aussi un musée de période, consacré au romantisme — ce qui, à Paris, est assez rare. On pourrait croire qu’il s’agit d’un “lieu figé”, attaché à la figure d’Ary Scheffer. Mais ce n’est pas une maison-musée au sens strict : on ne connaît pas précisément l’état de la maison à l’époque, ce qui nous libère d’une logique de reconstitution.

Cette ambivalence fait sa richesse. C’est un lieu charmant, intime, inscrit dans un quartier très attaché à son identité. Mais ce n’est pas un sanctuaire. C’est un musée habité, vivant, traversé par des générations d’artistes, de visiteurs, de publics fidèles. Il a une forte personnalité, et donc parfois des résistances au changement. Mais cette identité forte est aussi sa force.

Comment le projet de rénovation a-t-il émergé ? Comment l’as-tu embrassé ?

Quand j’ai été nommée directrice en 2019, le projet de rénovation figurait déjà dans ma feuille de route. C’était une volonté de Delphine Lévy, alors directrice générale de Paris Musées. Elle portait cette ambition avec force — malheureusement, elle n’a pas pu voir le projet aboutir. Anne-Sophie de Gasquet qui lui a succédé a repris cette ambition avec conviction également.

Dès le départ, j’ai adoré cette idée de travailler en mode projet. On a commencé par recruter un muséographe, pour élaborer le programme muséographique avec l’équipe du musée et des référents de chaque direction de Paris Musées. C’était un moment de réflexion collective très fort. Ensuite, on a lancé les appels d’offres pour constituer l’équipe de maîtrise d’œuvre, les architectes, les scénographes, les concepteurs lumière... avec qui nous avons travaillé toutes les étapes du projet jusqu’à l’appel d’offres des entreprises et le démarrage du chantier

C’est un processus long, qui s’étale sur plusieurs années — de 2021 à 2026. Mais ce qui me plaît, c’est justement cette élaboration lente, construite, partagée. Je nourris le projet en permanence : visites d’autres musées, en France et à l’étranger, lectures, carnets de notes, bases documentaires...

Comment as-tu conçu le nouveau parcours ?

J’ai d’abord pensé au visiteur : qu’est-ce qu’il verra, qu’est-ce qu’il ressentira en franchissant le seuil de cette maison ? Qu’est-ce qu’il retiendra de sa visite ? Il y a bien sûr des enjeux architecturaux, un meilleur accueil, un confort de visite renforcé, mais pour moi, le cœur du projet, c’est le récit, une histoire que l’on raconte au public.

On est aussi évidement partis des collections. Quelles œuvres voulons-nous montrer ? On ne voulait pas tout bouleverser. Il fallait préserver l’atmosphère, la mémoire des lieux. Mais j’ai aussi voulu faire monter d’un cran l’exigence muséographique : enrichir le propos, clarifier la structure, proposer une lecture plus stimulante.

Comment concilier modernisation et respect de l’âme du lieu ?

Ça passe par l’écoute. L’écoute des publics, des collègues, des scénographes qui travaillent le projet, des anciens directeurs, du décorateur Jacques Garcia, dont nous avons respecté le droit moral, en le rencontrant à plusieurs reprises. Le respect, c’est aussi reconnaître qu’un lieu a une histoire, un attachement, une mémoire collective.

Mais ce respect ne doit pas empêcher l’évolution. Je suis conservatrice du patrimoine : mon rôle est de conserver, pas de figer. Le musée a une plasticité. Il peut évoluer, accueillir de nouveaux usages, de nouveaux récits, tout en gardant son ADN.

Ce n’est pas un musée “sacré”. C’est un lieu vivant, où les gens doivent pouvoir se sentir bien, y compris ceux qui ne se sentent pas légitimes dans les institutions culturelles. Et ça, c’est une force : l’intime, la proximité, l’ancrage dans un quartier. Il faut s’appuyer là-dessus.

Quels écueils as-tu dû éviter dans ce projet ?

L’écueil principal, c’est de croire qu’on peut imposer une vision personnelle sans compromis. Moi, je ne suis que de passage dans ce musée. Je le dirige, je l’accompagne, mais ce n’est pas “ma” maison.

Alors oui, j’ai dû renoncer à certaines choses. Il a fallu revenir à la couleur originelle des volets à la demande de la DRAC, revoir certains éléments de décor. Ce n’est pas toujours simple. Mais c’est le jeu. Et je crois profondément à l’art du compromis. À l’idée que ce qui est collectif est souvent plus juste et plus fort que ce qui est purement personnel.

À quoi rêverais-tu pour ce musée en 2030 ?

Ce que j’espère surtout, c’est qu’en 2030, le musée sera réouvert, vivant, réapproprié par ses publics, que la phase de réouverture soit derrière nous. Que la programmation sera riche, ouverte, inventive. Et qu’on aura su préserver l’âme du lieu tout en l’ouvrant à de nouvelles voix.

Gaëlle devant le Musée, dont les travaux sont en train de s’achever. Les volets de la maison ont retrouvé leur teinte brun-beige initiale.

Comment définirais-tu ta manière de diriger ?

Je n’aime pas trop ce mot, “diriger”. Mais j’assume de prendre des décisions, de tracer une ligne. Je pense être à la fois à l’écoute et capable de décider. Je ne suis ni autoritaire, ni indécise. Ce qui m’intéresse, ce sont les personnes. Comprendre leurs besoins, leurs contraintes, leur manière de fonctionner. Et faire en sorte qu’elles soient bien dans leur mission.

Je crois beaucoup à la confiance, à l’autonomie. Je ne fais pas de micro-management. Je préfère les échanges informels, les ajustements progressifs. Ce qui me guide, c’est que chacun puisse trouver sa place, et que le collectif fonctionne.

Et comment tu maintiens la dynamique d’équipe dans cette période si particulière de fermeture du musée ?

On est en configuration réduite : six personnes, au lieu d’une trentaine quand le musée est ouvert. Le reste de l’équipe est dispersé dans d’autres établissements du réseau. C’est un rythme très particulier, mais aussi très intense.

On se retrouve chaque lundi matin pour une réunion de service. C’est notre point d’ancrage. Chacun y partage ce qu’il fait, les avancées, les tensions, les idées. Je crois beaucoup à ces rendez-vous réguliers. On a aussi des réunions par projet avec les référents de chacune des directions de Paris Musées — sur les publics, le numérique, la stratégie de réouverture.

Et puis j’essaie d’être présente autrement : appels individuels, messages, moments informels. Il y a une vraie transversalité dans notre petite équipe. Tout le monde est au courant de tout, ou presque. Et ça crée une énergie précieuse.

Qu’est-ce que ce rôle de directrice de musée t’a appris sur toi-même ?

J’ai compris que diriger un musée, ce n’est pas une posture, c’est un engagement. Et que chacun doit trouver sa manière propre de l’exercer. Avant, je pensais qu’il y avait un “modèle” de bon directeur ou de bonne directrice. En réalité, il y a autant de manières de diriger que de personnalités. Certains sont plus autoritaires, d’autres plus diplomates. Il faut être en accord avec soi-même, et assumer ce qu’on propose.

Moi, je me questionne beaucoup. Je doute, je demande des avis. Et je crois que c’est ma manière d’avancer. J’ai aussi appris que je pouvais être ferme quand il le fallait.

Tu parles souvent de protection. Comment tu gères la violence symbolique dans ce métier ?

Il y en a, oui. Ce n’est pas spécifique au secteur culturel, mais c’est parfois masqué sous des dehors feutrés, intellectuels. J’ai été surprise, parfois, par la dureté de certaines critiques, leur caractère injuste ou disproportionné.

Moi, je ne veux pas être dans l’affrontement. Je ne veux pas imposer ma vision à tout prix. Je crois à l’écoute, à l’explication, à l’intelligence collective.

Est-ce que le fait d’être une femme change quelque chose à cette posture ?

Difficile à dire. Mais parfois, des remarques font réfléchir. On m’a déjà qualifiée de “maîtresse de maison” quand j’ai pris la direction du Musée. Je doute qu’un homme aurait reçu ce type de commentaire.

Je ne veux pas tout ramener à ça. Mais je pense que le milieu culturel, malgré ses allures progressistes, peut encore être très inégalitaire, très dur. Il y a une forme de violence symbolique, une compétition silencieuse, des jeux de pouvoir feutrés mais réels.

Dans le contexte financier, social et environnemental actuel, comment retrouver des marges de manœuvre pour un musée ?

C’est un vrai sujet. Je suis confrontée en permanence aux contraintes budgétaires, même si je ne suis pas directement en charge du budget, ce sont d’autres services de l’établissement public qui le pilotent, et je leur suis d’ailleurs très reconnaissante de leur expertise. Mais cette distance crée aussi une forme de frustration : on est parfois éloignés des arbitrages, alors même qu’on porte les projets.

On apprend à composer. On sait ce qu’on peut accueillir, ce qu’on peut assumer, mais certains choix sont frustrants. Emprunter des œuvres à l’étranger, par exemple, devient de plus en plus difficile. Le romantisme est très présent en Angleterre ou en Allemagne, mais on y renonce parfois, faute de budget. On privilégie alors les prêts français.

C’est une réalité qui oblige à être plus créatif. Et à interroger nos pratiques. L’enjeu environnemental, par exemple, est devenu central dans nos réflexions. On n’a pas la climatisation dans la maison-musée, on essaie de jouer sur l’inertie thermique du bâtiment, même si elle n’est pas optimale. On isole, on ajuste. Mais on ne peut pas tout faire.

Le défi, c’est d’agir à notre échelle sans renoncer à l’ambition, en intégrant dès la conception les dimensions budgétaires et écologiques.

Où vas-tu chercher l’inspiration ?

Partout. Dans les musées, évidemment, surtout les musées patrimoniaux, en France comme à l’étranger. J’en visite beaucoup, y compris pendant mes vacances. C’est une vraie passion, mais aussi une manière de rester en éveil. Je prends énormément de photos, je constitue des bases documentaires, je prends des notes. Et je lis, autant que possible. Des essais, des entretiens, des catalogues, des romans, la presse.

Récemment, j’ai été marquée par le roman de Brice Saint-Léger sur son expérience dans les musées, sur son rapport à l’art. J’écoute aussi beaucoup France Culture, l’émission à Voix Nue. J’ai adoré les entretiens avec Henri Loyrette, que je trouve passionnants.

Y a-t-il une figure féminine qui t’accompagne particulièrement ?

J’ai du mal à en citer une seule. Mes premières figures professionnelles étaient plutôt masculines : mes maîtres de stage, mes directeurs. Mais je pense à des femmes comme Audrey Azoulay qui dirigeait l’Unesco ou Nathalie Bondil, lorsqu’elle dirigeait le musée des Beaux-Arts de Montréal. Je ne la connais pas personnellement, mais son travail à Montréal m’a toujours impressionnée : son rapport aux publics, son approche du musée comme lieu thérapeutique. Et puis je suis sensible au travail des historiennes comme Michelle Perrot ou des écrivaines comme Catherine Cusset, Marie Darrieussecq, Nancy Huston, Siri Hudsvet…

As-tu un rituel ou une habitude qui t’aide à garder le cap ?

Mes enfants. Les voir le soir me recentre. C’est ma boussole. Courir aussi deux fois par semaine tôt le matin, me défoule et m’apaise.

Quelle qualité recherches-tu chez une personne que tu recrutes ?

La normalité, dans le meilleur sens du terme. Quelqu’un de fiable, loyal, qui a un rapport sain à son travail. Quelqu’un qui veut bien faire, qui est généreux dans sa manière de travailler.

J’essaie d’instaurer une ambiance de confiance, de respect, d’humour aussi. Il faut pouvoir se parler, se dire les choses, partager les responsabilités sans jouer de rôle.

Et un rêve professionnel que tu n’as pas encore réalisé ?

Concevoir de grandes expositions en partenariat avec des musées américains et développer conjointement des programmes pour les publics.

L’accrochage se termine avant la réouverture sous le regard bienveillant de Pauline Viardot.

Une méthode de travail que tu as affinée avec l’expérience ?

J’écris la plupart de mes discours, de mes conférences. Je les rédige dans un style oralisé, je les relis à voix haute, je les répète comme un rôle de théâtre. C’est ce qui me permet d’être à l’aise à l’oral, de transmettre quelque chose de vivant, d’incarné. Même pour écrire un texte de salle ou un cartel, je fais ce travail de lecture à voix haute. Je veux que le texte “tienne” à l’oral, qu’il reste fluide.

Et aujourd’hui, qu’est-ce qui t’enthousiasme le plus dans ton travail ?

Le chantier du musée, bien sûr. C’est un défi immense, mais aussi une opportunité rare. J’ai aussi accepté le co-commissariat d’une exposition sur la Bretagne des peintres, avec Annick Lemoine, la directrice du Petit Palais qui aura lieu en 2028-2029. Ça me sort un peu de la vie romantique, et ça me réjouit.

Le meilleur conseil qu’on t’ait donné ?

Travailler. Tout simplement. Le travail construit, sécurise, protège. C’est ce qui permet de traverser les tempêtes sans se perdre.

Et celui que tu aimerais transmettre ?

Construire. Ne pas croire en l’évidence ou en la fulgurance. Accepter le labeur, le temps long. On est dans un monde qui valorise la vitesse, la brillance immédiate. Mais ce que je constate, c’est qu’on devient vraiment bon en construisant, pas en sautant d’un projet à l’autre, mais en consolidant une posture, une méthode, une voix. Le travail m’a structurée.

Et un rêve professionnel que tu n’as pas encore réalisé ?

Travailler avec un musée anglo-saxon ou dans un musée américain.

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